Cela fait presque 3 ans que je connais Alexandra. Nous nous sommes rencontrées l’école de sophrologie. Je me rappelle que le premier jour de formation, nous étions assises l’une à côté de l’autre. Il n’y a pas si longtemps elle m’a avouée qu’elle avait voulu être mon amie dès cette première rencontre. Je crois que ce jour-là, j’étais tellement obnubilée par le fait de savoir si j’avais fait le bon choix de faire cette formation, qu’il y a énormément de choses qui se sont passées autour de moi et que je n’ai pas remarquées.

Aujourd’hui, nous sommes très proches et c’est à elle que j’ai demandé d’inaugurer cette nouvelle rubrique « Une Maman comme…. » Et j’ai bien fait car elle m’a écrit il y a quelques jours « Je te remercie de m’avoir interviewée, ça m’a beaucoup apporté de me relire, c’est incroyable. Je ne me rendais pas assez compte que je donnais autant à ma famille et que je m’investissais temps… » (oui, oui TEMPS, et non TANT).

Donc voilà, Alexandra a 33 ans, elle habite à Petite Ile et elle est sophrologue. Elle a 3 enfants : Lola (11 ans), Anthony (6 ans) et Erine (4 ans). Et voici ses secrets de Maman…

Selon toi, quelle Maman es-tu ? Comment te qualifies-tu ?

Je trouve que je suis une Maman qui se cherche. En cours d’évolution, de construction…

Je me trouve plutôt patiente, courageuse, à l’écoute de mes enfants, même si ce n’est pas autant que j’aimerais. Je « râle » encore trop souvent à mon goût ! Et j’adore délirer avec mes enfants (chanter, danser librement avec eux et faire les ‘’fous fous’’…)

Je dirais également que je suis très sensible. Sensible à comment mes enfants réagissent et interagissent avec moi et aussi à ce qu’ils me disent (compliments comme reproches…). Sensible aussi à l’impact que j’ai sur eux, à comment ils prennent les choses et au « poids » de mes mots sur eux. J’essaie de faire attention à ma manière de m’exprimer mais ce n’est pas toujours facile…

Je suis aussi une maman qui a tendance à culpabiliser, mais vraiment moins qu’avant. Je culpabilise par exemple quand je ne fais pas mon maximum pour eux (les écouter, jouer avec eux, être patiente…) et quand je m’autorise des moments pour moi (pour mon boulot, les loisirs, les copines…)

En fait, je dirais que j’aimerais faire au mieux parce que je me soucie du bien-être de mes enfants. Du coup, je me remets souvent en question pour bien faire.

portrait chinois AlexQu’est-ce qui te motive à être la Maman que tu es et à essayer de t’améliorer ?

C’est le bien-être au présent de mes enfants et leur bien-être futur. J’apprécierais qu’ils soient des enfants heureux et épanouis aujourd’hui pour être des adultes épanouis et heureux plus tard. C’est comme un bagage que je leur donne pour qu’ils démarrent leur vie d’adulte au mieux. Une bonne santé mentale et physique pour qu’ils soient le plus heureux possible. Je souhaite qu’ils n’aient pas de traumatisme ou de blessure lié à ma manière de les éduquer ou à leur relation entre eux.

Quelle est la plus grosse difficulté que tu rencontres avec tes enfants ?

Je dirais les disputes entre frère et sœur. Quand ils hurlent et se frappent, chacun pense qu’il a raison et je suis prise à parti. Mais le plus difficile, c’est quand ils ne coopèrent pas tout de suite quand je demande quelque chose. Alors, je répète, je répète, je répète et c’est épuisant. C’est vraiment le plus fatiguant et le plus difficile pour moi.

Que fais-tu pour gérer ces difficultés ?

Pour les conflits entre frère et sœur, j’essaie d’utiliser depuis peu la méthode Fabler et Mazlish. C’est un début de solution. Et j’aime bien. Ils font l’expérience de conflits sans que je prenne partie pour l’un d’entre eux. Utiliser cette méthode est plus facile quand ils sont 2 à se disputer que lorsqu’ils sont 3 à le faire ! J’apprends petit à petit à mettre en pratique cette technique et je vois qu’elle marche même si je ne suis pas toujours au top.

Je leur dis « je suis sûre que tu es capable de te mettre à la place de ton frère (ou ta sœur) pour savoir ce qu’il ressent dans cette situation. » Puis, quand ils me partagent leur réflexion, je peux encourager davantage « J’ai bien fait de te faire confiance, je savais que tu étais capable d’imaginer ce qu’il(elle) a vécu. Dans cette situation, tu penserais quoi de ta sœur (ton frère) ? » Puis, je laisse parler et je fais une proposition « Quand ce sera le moment pour toi, j’aimerais bien que tu ailles voir ton frère (ta sœur) pour qu’il comprenne ce que tu veux et ce que tu ne veux pas, puis tu pourrais lui dire un petit mot pour qu’il (elle) se sente mieux, car j’ai l’impression qu’il (elle) est triste ». Je leur dis que j’ai confiance en eux pour trouver une solution qui convienne à chacun et qui est juste pour eux trois. Ils trouvent souvent un moyen de renouer et ils sont alors fiers d’eux.

Pour ma difficulté concernant le fait de répéter, c’est plus difficile à gérer. J’ai ce souci quand on se prépare pour aller à un rendez-vous par exemple. Je suis en difficulté à être efficace pour qu’ils se préparent. Et ça me stresse. J’essaie plusieurs choses. D’abord, il m’arrive d’essayer de partir de la maison plus tôt. Je leur annonce et je me dis que l’heure du rendez-vous est 30 minutes plus tôt que l’heure réelle. De cette façon, on arrive à l’heure mais le problème de devoir répéter les choses pour qu’ils se préparent n’est pas réglé.

Ensuite, j’ai essayé de les faire se préparer sous forme de jeux. L’idée vient d’eux à la base : le premier à être prêt, le premier à arriver dans la voiture… Les faire se préparer de cette façon dépend de mon état de fatigue. Plus je suis fatiguée, moins j’ai envie de jouer. Et puis, au bout d’un moment cette astuce ne marche plus, elle les lasse.

Depuis récemment, je sollicite ma grande fille pour m’aider à préparer les plus petits. Et maintenant c’est elle qui se retrouve parfois à les suivre ou répéter pour qu’ils se préparent.

Il m’arrive aussi de râler pour qu’ils fassent les choses. Cependant, je me sens en échec quand je râle. Et niveau résultat, ils avancent d’un tout petit pas. Je me rends compte par contre, que cette technique me prend plus d’énergie qu’elle ne donne de résultat ! De plus, les enfants se disputent davantage et sont plus stressés.

Enfin, j’essaie de m’organiser autrement, notamment pour aller à l’école. Depuis que j’ai 3 enfants, je prépare les affaires scolaires la veille et je gagne du temps, même si je continue à répéter autant.

Alex1De quoi es-tu le plus fière dans l’éducation que tu donnes à tes enfants ?

L’amour qui, malgré les difficultés, nous réunit toujours. Les câlins, les « je t’aime » avec moi, avec leur père, entre eux aussi. C’est l’amour qui circule entre eux, de moi à eux, d’eux à moi et avec leur père. J’ai l’impression que cet amour contribue à leur épanouissement.

Je leur montre et leur exprime mon amour et eux aussi savent le montrer et l’exprimer avec moi, avec leur père et entre eux. Et c’est très très important pour moi, qu’ils se sentent aimés. Pour moi l’amour c’est une sécurité, c’est un pilier parce qu’on peut aimer sans savoir le montrer. Petite, j’étais une enfant qui avait beaucoup beaucoup besoin d’amour et de preuve d’amour, et quand je ne le sentais pas assez, je souffrais terriblement. Pour moi, l’amour est un pilier pour un épanouissement présent et futur. Ce n’est pas le seul, mais il est très important. Quoiqu’il arrive, on s’aime. L’amour, c’est mon moteur, le moteur de ma famille.

Et je suis aussi fière de la liberté que je leur laisse d’être eux-mêmes.

Comment as-tu fait pour arriver à l’expression de cet amour entre vous ?

Tout d’abord, je leur dis assez souvent ( en général avant de dormir et en individuel) des choses du genre : «  je suis fière que tu sois ma fille (ou mon fils)» ou « je suis contente de t’avoir comme enfant », «  je t’aime », «  tu es important pour moi », « tu es unique » …

Je parle beaucoup avec mes enfants, qu’on soit en échec ou en réussite. On parle même après les crises et les disputes. Mon mari est pareil, il discute avec les enfants après les disputes. De même, quand les enfants parlent mal entre eux ou se chamaillent, je les incite à se parler avec leurs propres mots quand c’est le moment pour eux, afin qu’ils arrivent à se sentir aimés les uns les autres.

Une des règles de notre famille est de montrer notre amour que ce soit par des actes, des paroles, des attitudes… Alors je leur apprends à renouer et montrer leur amour. Pour cela, ils ont le droit de se détester, d’avoir de la colère, quand l’un veut entrer dans la chambre de l’autre de force et que l’autre ne veut pas par exemple. Ensuite, quand la tempête est passée, je favorise la réconciliation, sans les forcer, mais en discutant avec eux. Et là, je m’aide de la méthode de Faber et Mazlish. Elle prend du temps. Je fais moins mon ménage, ma maison est plus en bazar mais l’écoute et le dialogue sont plus là qu’avant. Je trouve qu’il y a plus de communication avec ma grande fille et elle joue beaucoup plus avec ses frère et sœur.

Et puis évidemment, ce n’est pas toujours simple, ni fluide ni facile à mettre en pratique. Mais c’est une ligne directrice que j’essaie de suivre. Parfois j’y arrive, d’autre pas.

Que fais-tu pour prendre soin de toi ? Pour te ressourcer afin d’être disponible pour tes enfants ?

Plusieurs choses différentes. Déjà chaque jour, il est impératif pour moi de me réveiller 30 minutes avant les enfants : je bois mon café, j’écoute la radio, je prépare la table. Je suis seule pendant cette demi-heure, je suis tranquille. C’est un moment vraiment pour moi.

J’aime aussi régulièrement après le déjeuner m’allonger 10 minutes. Je fais une petite séance de sophrologie et je suis redynamisée. Par contre, je ne le fais pas plus que 10-15 minutes, sinon c’est l’effet inverse qui se produit et j’ai moins d’énergie.

Au quotidien, quand je sens que je suis stressée, je fais différentes respirations. J’aime aussi vérifier si j’ai reçu des nouvelles de mes amies par e-mail ou Facebook.

Une fois par semaine, j’écoute un CD de médiation de Christophe André, même si j’en aurais bien besoin tous les jours mais je ne trouve pas le temps.

Et puis, quand j’en ai trop marre, que je n’en peux vraiment plus, je prends une douche. Je suis indisponible quand je suis sous la douche ! Même si mes enfants continuent parfois de tambouriner à la porte…. J’arrive de cette façon à m’extraire de la situation.

Quelle est ta meilleure astuce pour arrêter de crier sur tes enfants ?

Je respire, je décris la scène qui est en train de se passer et je dis comment je me sens « je vois que tes affaires sont encore par terre alors que je t’ai demandé de les ramasser et ça me contrarie ! »

Quelle est ta meilleure astuce pour te faire obéir ?

Compter jusqu’à 3 quand je suis vraiment vraiment en colère. Et là, mes enfants font ce que je leur demande, autrement, ils vont au coin ! Cette technique fonctionne avec mes enfants mais je l’utilise peu. Je crois qu’elle marche parce qu’elle leur fait peur mais je n’aime pas jouer sur la peur.

Quelque chose à ajouter ?

Je dis souvent à ma grande fille « tu sais je suis une mère imparfaite, mais je t’aime parfaitement ». Je le lui dis surtout quand elle est fâchée contre moi.

Et pour finir, j’ai envie de dire que, pour moi, être Maman est un apprentissage de chaque instant et chaque expérience me guide. Je peux faire confiance à mes enfants et il y a une forme de coopération familiale. C’est eux qui font que je suis Maman. Je suis un parent en apprentissage.

Merci Alex 😉

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A propos de

Je m'appelle Frédérique MADÉ. J'aide les Mamans à faire des choix qui leur correspondent vraiment. Comme ça elles se révèlent, elles profitent à fond de leurs enfants, du chocolat, de la vie quoi! J'ai 2 enfants et je partage mes idées, mes solutions, mes inspirations et aussi mes galères.

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